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Geekopolis, Temple de l'Immersion.

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Geekopolis, c'est içi ! 

Imaginez un lieu dédié aux jeux de simulation, qu'il s'agisse de Réalité Virtuelle, d'Escape Game ou d'autres formats innovants, où amateurs et professionnels se retrouveraient régulièrement autour d'un verre. Et bien ce lieu existe désormais à Paris, au 112 Rue Ambroise Croizat, juste à côté du Stade de France !

Dans cette Interview exclusive de Cyril Villalonga, le fondateur de Geekopolis, nous vous présentons le parcours de ce GNiste, sa vision et tout ce qui lui a permis de transformer son rêve en réalité.

Q : Cyril, quel est ton parcours en tant que GNiste ?
R : J'ai participé à mon premier GN en 1991 j'avais 16 ans, j'ai taillé ma première épée en mousse moi-même afin de partir à l'aventure, ça se faisait beaucoup à l'époque. Thierry Darley et moi-même nous avons décidé d'organiser "La faille", une campagne de GN qui dura entre 1995 et 2007. Nous nous sommes inspirés du "Gathering" anglais. Mon inspiration était de faire un GN de Masse, quant à Thierry il voulait qu'il y ait une cinquantaine d’acteurs/pnj pour peu de joueurs au début, il avait une vision cinématographique. En associant nos idées, nous visions une grande qualité pour un maximum de participants: pour la qualité les autres en parleront mieux que moi, en tout cas ce fut le premier GN de Masse scénarisé en France.

Q : Tu faisais quoi à l'époque en parallèle de tes activités GNistiques ?
R : J'ai été dans la bulle internet, j'ai aussi fait un peu de marché public. J'ai aussi dirigé "Discount Manga/Comics" boîte de distribution de mangas, filiale de Kaze.

Q : Que s'est-il passé après La faille ?
R : Au lendemain de La faille, je me suis consacré pleinement à la culture geek, j'ai créé avec une équipe de doux dingues, comme Lady Fae par exemple du Naheulband, Geekopolis le Festival en 2010 à Montreuil sur 3 ans jusqu’à 2012 : avec un esprit immersif, interactif, favorisant la créativité. Loin de l’idée des salons classiques, on avait ce regret des ratés des autres salons. Par exemple, les visiteurs pouvaient s’y déplacer avec un agenda interactif, afin de participer à de nombreuses conférences. L’équipe s’est constituée autour de fantasmes avec des ateliers privilégiés avec Michael Moorcook par exemple. Je me suis posé la question: "En tant que public, qu’est-ce que j’aimerais faire ?"; par exemple, si j’étais dessinateur fan d’Aleksis Briclot, j’aurais envie qu’il me raconte sa rencontre avec Todd Mac Farlane et qu'il m'apprenne à dessiner le personnage de Spawn. Et j’me suis fait mon ptit fantasme, ainsi que toute l’équipe qui a pu constituer son rêve : moi c’était de rencontrer Michael Moorcook et de discuter de sa vie; untel était fan des armures de Kaamelott, on aimerait que le créateur de ces armures nous fasse un atelier crafting... Et bien nous avons réunis ces trois éléments : concours d’opportunité, force de conviction, ces ateliers se sont réalisés de manière assez privilégiée car ça concernait d'une dizaine à une vingtaine de participants, où on se retrouve avec des gens connus ou pas, mais talentueux, afin d’acquérir de l’expérience en interactivité.
On s'est inspiré de ces expériences réussies pour créer Geekopolis.

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L'entrée de Geekopolis, dans les anciens ateliers d’orphévrerie Christophe: un lieu atypique.

Q : Qu'est-ce que Geekopolis, dans l'esprit et dans le concret ?
R : Geekopolis, grands défenseurs de la culture de l’imaginaire, de la culture geek. Nous avons un côté militant assumé, même si il y a évidemment un modèle économique derrière,
Il s’agit d’un mini parc d’attraction. Les Masterclass sont un des éléments: conférences de Geek illustrateurs, astro-physicien tel quel Roland Lehoucq, ou anthropologue comme Jean-Sébastien Steyer, etc. Vulgariser la science par le biais de la culture geek est un de nos objectifs, pour rapprocher le réel et l’imaginaire. On est sur une fréquence mensuelle. On prévoit aussi des journées jeux avec des participations d’associations telles que « Les Têtes-Brûlées ».

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Dans l'ordre: l'illustrateur Aleksis Briclot, l'astrophysicien Roland Lehoucq et l'anthropologue Jean-sébastien Steyer.


Aujourd’hui sont ouverts les expériences "Mutations", "Galactic Service", "SpyBall" (en projection interactive) finalisés fin Juillet, "Skyracer" début août, des Bornes, "Time-Over" (un casse-tête géant), "Lupin" (de la VR où on marche sur les toits) en août, et une Escape Game que nous construisons nous-mêmes disponible en septembre.
Nous avons 1200m² de studio. C'est tout autant d'activités à venir découvrir ou partager avec des amis

Q : Qui sont les acteurs qui font vivre Geekopolis ?
R : Aujourd’hui on a cinq acteurs et trois techniciens, et dans le "Gate" en lui-même on a quatre personnes supplémentaires (gérant, régisseur, serveur, accueil). On a l’équipe FX de développement composée d’une dizaine de personnes, et des équipes de constructions de un à trente-cinq intermittents pour fabriquer les expériences dans le sud de la France, dans un studio de 1200m², pendant une période de deux mois par exemple. On a fait appel aussi à des auteurs, comme Mathieu Gaborit et Mélanie Turpin pour l’écriture. Et on a des sympatisants de Geekopolis qui ont accepté de jouer le jeu, et de s’intégrer d’une manière ou d’une autre à l’expérience.

Q : Comment avez-vous réussis à créer un tel lieu ?
R : C’est parti d’une idée de rencontre de gens talentueux et compétents, ainsi que du soutien d’un groupe immobilier qui nous a permis de financer ces idées. Nous avions une bonne connaissance aujourd’hui des usages: nous sommes de ces joueurs invétérés de tout ce qui existe comme style d’expériences; nous considérons que nous faisons partie de notre coeur de cible, ainsi on se concentre sur ce qui nous plait, et généralement ça fonctionne.
Nous avons des inspirations aussi : anglo-saxonnes avec le théâtre immersif, j’pense à des licences comme "Secret Cinema", comme "Sleep-no-more", mais aussi comme "Virtually Dead" créé par Ubisoft pour faire la promotion du jeu Arizona Sunshine (pas de VR mais de l’interactivité). "Le Manoir de Paris" est l’exemple même en France du Théâtre immersif ; avec "Mutations" on entre dans une expérience différente, plus interactive, avec douze fins différentes. Les acteurs, ça c’est l’héritage du jeu de rôle, adoptent un comportement différent selon la manière dont on les aborde. On peut aussi citer GearProd avec leur "Echosquad", une excellente expérience immersive en sous-marin.

Inspirations
Les différentes inspirations qui ont amené à la création de Geekopolis.

Q : Avez-vous déjà réfléchi au futur de Geekopolis ?
R : Pour monter un modèle économique il est nécéssaire d’avoir une vision future, ne serait-ce que pour les investisseurs; nous comptons donc ouvrir deux centres en France par an, d’une taille similaire mais pas que, à partir de 2020. Geekopolis est un Showroom, dans les anciens Ateliers d’orphévrerie Christophe, un lieu atypique mélangé avec des artisans, des artistes, avec régulièrement des troupes associatives qui y animent des événements.

Q : Est-ce que le GN amène à des compétences professionnalisantes ?
R : Ah bien sûr : aujourd’hui il y a plein de gens qui sont issus de cet univers, je ne sais pas si c’est le Grandeur Nature qui a amené à ça, mais il se trouve que partout des gens qui ont organisé des Grandeur Nature ont évolué dans la culture geek, souvent car il s’agit d’un sujet passionnel et qu’on y reste facilement. Moi en ce qui me concerne, le jdr en lui-même m’a permis de sortir de ma timidité, si si j’étais timide (rire), et derrière construire un Grandeur Nature amène à de nombreuses compétences. On peut à partir de là construire des expériences pour du Grand Public. Aujourd’hui avec Geekopolis on essaie d’élargir encore ce public-là.

Q : Un mot pour les GNistes qui aimeraient s’inspirer de Geekopolis ?
R : Loin de moi l’idée d’être un modèle, la place serait inconfortable, mais j’ai eu la chance de m’investir professionellement dans mon loisir, et de trouver un système économique qui ne souffre pas trop du compromis commercial, pour garder quelque chose de passionnant à créer, pour garder l’esprit de partage. Aujourd’hui mon ambition est assez claire : c’est que nous puissions conquérir le monde ! (rires) Nous avons plein de GNistes infiltrés comme les gars de Gearprod, ou encore Hélène qui est aujourd'hui Narrative Director chez Don't Nod… et j’en oublie plein !
On a des périodes de recrutement assez fréquemment, on vous recommande de suivre le site Geekopolis sur lequel on passe les annonces !

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Cyril Villalonga, le fondateur de Geekopolis.

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A Geekopolis, nous avons aussi croisé Julien Guellerin (alias OmegaZell dans la WebSérie "Noob")/ Directeur de la communication et community manager chez Iconic, la boîte qui a développé les jeux vidéos en réalité virtuelle auxquels vous pourrez jouer sur Geekopolis.

Il nous en parle avec son accent chantant de provençal:

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La société ICONIK, productrice Française de jeux à réalité virtuelle.

« Skyracer est une licence sur laquelle on s’est un peu lâchés niveau des ref, les gars ils voulaient bosser sur un truc à la wipeout, à la F-Zéro, tous les trucs de courses qu’on avait dans nos jeunes années de gamers. Alors on a eu l’immense privilège de bosser avec Partice Garcia qui est le directeur artistique de Luc Besson sur Le Cinquième élément et Valérian, qui habite dans le sud de la France là où on a les locaux, et qui a participé à la direction artistique, sur les décors, les mock-up, l’orientation mécanique du vaisseau, les immenses planètes que vous verrez à côté des circuits.
Au niveau du gameplay, il est très immersif avec sièges giroscopiques, énormes sensations de vitesses. C’est moins intimiste ou team-building que Mutations, mais on a réussi à dispatcher nos efforts sur d’autres points, et franchement l’effet visuel vaut le coup. »

« Sur Mutations on a fait un jeu de tir en RV. Mutations est une expérience ultra immersive, mais c’est vrai que quand vous êtes un gamer, un aventurier, que vous êtes un "Bonhomme", c’est bien beau de se faire courser mais vous avez envie de leur rendre la pareille, alors à un moment donné on vous file l’arme, un print 3D réalisé par un ami, une bonne arme style Alien2 à la Ripley comme sur l’affiche, et vous dézinguez pendant un bon ptit quart d’heure du mutant qui vous attaque en chaîne avant de vous faire le boss de fin comme dans tous les bons jeux. J’pense qu’on a donné à Mutations le petit côté jouissif que si on l’avait pas donné à la fin, le joueur serait sorti avec un peu de frustration : parce que dans les films d’horreur c’est vrai que les gens se font beaucoup bolosser et au bout du compte ils ont pas leur ptit répondant. Et bien à la fin dans Mutations on leur donne. Parce que voilà, à un moment donné il faut un peu s’amuser et un peu kiffer aussi. »


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Julien Guellerin, Directeur de la communication chez ICONIK.

Nous espérons que cet article vous a plu ! En tout cas nous nous y sommes éclatés et nous comptons bien y retourner afin de tester toutes ces nouvelles expériences immersives avec nos amis. Alors si vous aussi vous souhaitez que vos amis vivent cette expérience, n'hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux et à faire connaître ce lieu bientôt légendaire !
Portez-vous bien !

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Une chimère assoupie avec son Gamer, symbole de la coopération entre IconiK et Geekopolis.